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Dossier scientifique sur l’analogue de la GHRH

Prix des flacons

Sécurité

Effets indésirables et précautions

Plus de 700 patients traités dans les essais d’enregistrement : le profil de tolérance de la tesamoreline est bien documenté. Il est dominé par des effets locaux et articulaires, mais deux signaux biologiques demandent une surveillance.

3 min de lecture · mis à jour le

Réactif de recherche. La tesamoreline vendue en flacon est destinée à la recherche in vitro et préclinique : ni médicament, ni produit de consommation. Ce site ne donne aucune posologie.

Les effets les plus fréquents

La notice américaine regroupe les effets survenus chez au moins 1 % des patients et plus souvent que sous placebo pendant les 26 premières semaines des essais (543 patients traités, 263 sous placebo).

EffetPlaceboTesamoreline
Réaction au point d’injection6 %17 %
Douleurs articulaires11 %13 %
Douleur des membres5 %6 %
Douleurs musculaires2 %6 %
Œdème périphérique2 %6 %
Paresthésies (fourmillements)2 %5 %
Hypoesthésie (sensibilité diminuée)2 %4 %
Éruption cutanée2 %4 %
Vomissements0 %3 %
Dyspepsie1 %2 %
Syndrome du canal carpien0 %1 %

En comptant toutes les manifestations locales (rougeur, démangeaison, douleur, irritation, ecchymose), les réactions au point d’injection atteignent 25 % sous traitement contre 14 % sous placebo. Alterner les zones d’injection sur l’abdomen les limite.

La rétention hydrique

Œdèmes, douleurs articulaires, fourmillements et canal carpien relèvent d’un même mécanisme : l’activation de l’axe somatotrope fait retenir de l’eau et du sodium aux tissus. Ces effets apparaissent en général dans les premières semaines et régressent spontanément ou à l’arrêt.

L’IGF-1 : un signal à surveiller

47 %
IGF-1 au-delà de 2 écarts-types à 26 semaines
36 %
IGF-1 au-delà de 3 écarts-types à 26 semaines
34 %
au-delà de 2 écarts-types à 52 semaines
23 %
au-delà de 3 écarts-types à 52 semaines

L’augmentation de l’IGF-1 est l’effet recherché, mais une partie des patients dépasse nettement les valeurs normales pour l’âge, dès la treizième semaine. Les conséquences d’une élévation prolongée ne sont pas connues. La notice prévoit un dosage régulier et d’envisager l’arrêt en cas d’élévation persistante, par exemple au-delà de 3 écarts-types, surtout si la réponse est modeste.

Glycémie et diabète

Partant d’une HbA1c moyenne de 5,3 %, les patients traités ont plus souvent développé un diabète (HbA1c ≥ 6,5 %) que ceux sous placebo : 5 % contre 1 %, soit un rapport de risque de 3,3. L’essai dédié aux diabétiques de type 2 n’a pas montré de dégradation sur 12 semaines, mais la notice recommande d’évaluer la glycémie avant de commencer, de la surveiller ensuite, et de suivre la rétinopathie chez les diabétiques.

Anticorps

  • Des anticorps IgG anti-tesamoreline apparaissent chez 50 % des patients après 26 semaines et 47 % après 52 semaines.
  • Chez les patients ayant eu une réaction d’hypersensibilité, la proportion monte à 85 %.
  • Environ 60 % de ces anticorps reconnaissent aussi la GHRH naturelle.
  • Des anticorps neutralisants ont été détectés in vitro chez 10 % des patients (contre la tesamoreline) et 5 % (contre la GHRH humaine) à 52 semaines.
  • La présence d’anticorps ne modifiait pas la baisse moyenne de graisse viscérale ni la réponse de l’IGF-1.

Les réactions d’hypersensibilité (démangeaisons, rougeur, bouffées de chaleur, urticaire, éruption) ont touché 4 % des patients ; elles imposent l’arrêt.

Contre-indications

S’y ajoutent des précautions : le risque de cancer, déjà plus élevé chez les personnes vivant avec le VIH, doit être pesé avant de commencer ; l’arrêt est à envisager chez les patients en réanimation, car la notice américaine mentionne une surmortalité rapportée dans les états critiques aigus (chirurgie lourde, polytraumatisme, détresse respiratoire) ; enfin la tesamoreline peut modifier l’exposition à certains médicaments métabolisés par le cytochrome P450.

Ce que l’on ignore

La sécurité cardiovasculaire au long cours n’est pas établie ; les données s’arrêtent pour l’essentiel à 52 semaines. C’est précisément ce manque qui a pesé dans l’avis provisoire de l’agence européenne (voir Egrifta et les autorités). Pour les poudres de recherche, aucune de ces données ne s’applique directement : pureté, excipients et stabilité ne sont pas ceux du médicament.