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Dossier scientifique sur l’analogue de la GHRH

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Autres pistes de recherche sur la tesamoreline

La molécule a été testée bien au-delà de son indication américaine. Certains résultats sont nets, d’autres décevants ; aucun ne constitue une indication reconnue.

4 min de lecture · mis à jour le

Réactif de recherche. La tesamoreline vendue en flacon est destinée à la recherche in vitro et préclinique : ni médicament, ni produit de consommation. Ce site ne donne aucune posologie.

Vue d’ensemble

DomaineÉtudePopulationDose et duréeRésultat principal
CognitionBaker 2012152 adultes de 55 à 87 ans1 mg/j, 20 semaineseffet favorable, surtout sur les fonctions exécutives
Cognition et VIHEllis 202573 personnes vivant avec le VIH2 mg/j, 6 moispas de différence significative entre groupes
MuscleAdrian 2019341 participants des phases III2 mg/j, 26 semainesmuscles du tronc plus denses et plus larges
Obésité abdominale sans VIHMakimura 201260 adultes obèses2 mg/j, 12 moisgraisse viscérale −35 cm² vs placebo
Diabète de type 2Clemmons 201753 patients1 ou 2 mg/j, 12 semainespas d’effet sur l’équilibre glycémique

Cognition chez l’adulte âgé

L’essai de l’université de Washington (Baker et al., Arch Neurol 2012) est souvent cité. Cent cinquante-deux adultes, dont 66 avec un trouble cognitif léger, se sont injecté chaque soir 1 mg de tesamoreline ou un placebo, trente minutes avant le coucher, pendant 20 semaines. L’analyse en intention de traiter montre un effet favorable global sur la cognition (p = 0,03), porté surtout par les fonctions exécutives (p = 0,005), avec une tendance sur la mémoire verbale. L’IGF-1 a augmenté de 117 % tout en restant dans les valeurs physiologiques, et la masse grasse a baissé de 7,4 %.

Deux bémols : les effets indésirables, légers, ont touché 68 % des participants traités contre 36 % sous placebo, et l’insuline à jeun a augmenté de 35 % chez les personnes avec trouble cognitif. Une analyse d’imagerie du même essai a mesuré une hausse du GABA cérébral, une piste mécanistique encore à confirmer.

Cognition et VIH : un résultat négatif

L’hypothèse était séduisante : chez les personnes vivant avec le VIH, l’obésité abdominale est associée aux troubles neurocognitifs. L’essai de phase 2 d’Ellis et al. (2025) a comparé tesamoreline et prise en charge habituelle pendant six mois chez 73 participants. Le tour de taille a davantage baissé sous tesamoreline (différence médiane −2,7 cm) mais la différence de performance cognitive entre les groupes n’était pas significative (p = 0,67). L’essai était ouvert, sans placebo et de puissance limitée ; les auteurs concluent à l’absence de bénéfice clair.

Muscle squelettique

À partir des scanners des phases III, Adrian et al. (2019) ont mesuré la densité et la surface de quatre groupes musculaires du tronc. Chez les répondeurs (193 patients) comparés au placebo (148), la densité musculaire a augmenté de 1,6 à 4,9 unités Hounsfield, signe d’une infiltration graisseuse moindre, et la surface maigre a progressé de 0,6 à 1,1 cm² selon les muscles. Ces gains sont faibles en valeur absolue et leur traduction fonctionnelle n’a pas été mesurée : l’analyse ne porte que sur les patients dont la graisse viscérale avait nettement baissé.

Obésité abdominale sans VIH

Chez 60 adultes avec obésité abdominale et sécrétion somatotrope réduite, Makimura et al. (2012) ont comparé 12 mois de tesamoreline à 2 mg par jour et un placebo :

−35 cm²
effet sur la graisse viscérale
−0,04 mm
effet sur l’épaisseur intima-média carotidienne
−37 mg/dL
effet sur les triglycérides
+92 µg/L
effet sur l’IGF-1

La protéine C réactive a aussi baissé, sans modification de la glycémie, de l’HbA1c ni de la graisse sous-cutanée. C’est le seul essai contrôlé d’un an hors VIH ; il n’a pas été suivi d’un programme d’enregistrement.

Diabète de type 2

La crainte d’une dégradation glycémique a motivé un essai dédié chez 53 patients diabétiques (Clemmons et al., 2017). Après 12 semaines à 1 ou 2 mg par jour, ni la réponse insulinique, ni la glycémie à jeun, ni l’HbA1c n’ont différé du placebo ; le cholestérol total et non-HDL ont légèrement baissé à 2 mg. Douze semaines restent courtes, et la notice américaine maintient une surveillance de la glycémie et de la rétinopathie chez les diabétiques.

Ce qu’il faut en conclure

  • Le seul effet reproduit dans plusieurs populations est la baisse de la graisse viscérale.
  • Les effets sur la cognition restent incertains : un essai positif de 20 semaines, un essai négatif chez les personnes vivant avec le VIH.
  • Les données sur le muscle sont des analyses secondaires.
  • Aucune étude contrôlée publiée ne porte sur la performance sportive. La tesamoreline figure d’ailleurs nommément dans la liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage (section S2.2.4, analogues de la GHRH).