01 Avertissement
02 Doses par essai
| Contexte | Dose quotidienne | Durée | Moment |
|---|---|---|---|
| Phase II, recherche de dose (Falutz 2005) | 1 mg ou 2 mg | 12 semaines | une injection par jour |
| Phases III (NEJM 2007, JAIDS 2010) | 2 mg | 26 + 26 semaines | une injection par jour |
| Stéatose hépatique (Lancet HIV 2019) | 2 mg | 12 mois | une injection par jour |
| Obésité abdominale sans VIH (2012) | 2 mg | 12 mois | une injection par jour |
| Cognition, adultes âgés (2012) | 1 mg | 20 semaines | 30 minutes avant le coucher |
| Diabète de type 2 (2017) | 1 mg ou 2 mg | 12 semaines | une injection par jour |
| Egrifta SV (notice) | 1,4 mg | au long cours | une injection par jour |
| Egrifta WR (notice) | 1,28 mg | au long cours | une injection par jour |
Dans l’essai de phase II, la dose de 1 mg augmentait l’IGF-1 de 48 % et celle de 2 mg de 65 % ; seule la dose de 2 mg réduisait significativement la graisse du tronc (−9,2 % contre +0,8 % sous placebo). C’est ce qui a fixé la dose des phases III (Falutz et al., AIDS 2005).
03 Pourquoi 1,28 mg équivaut à 2 mg
Les nouvelles formulations ne sont pas moins actives : elles sont mieux absorbées. Selon la notice d’Egrifta WR, l’exposition systémique (pic plasmatique et aire sous la courbe) après 1,28 mg de la formulation à 11,6 mg par flacon est comparable à celle obtenue avec 2 mg de la formulation d’origine. C’est sur cette équivalence que repose l’autorisation, sans nouvel essai d’efficacité. Les doses ne se transposent donc pas d’une formulation à l’autre, et encore moins vers une poudre de recherche dont la formulation est différente.
04 Pharmacocinétique
- < 4 %
- biodisponibilité absolue (2 mg, voie sous-cutanée)
- 0,15 h
- délai médian du pic plasmatique, environ 9 minutes
- 11 min
- demi-vie d’élimination chez le volontaire sain
- 4,8 L/kg
- volume de distribution moyen
La notice ajoute que l’exposition est 34 % plus élevée chez les personnes vivant avec le VIH que chez les volontaires sains, à pic plasmatique égal. Aucune étude formelle de métabolisme n’a été menée chez l’homme ; comme pour les autres peptides, une dégradation par les protéases est probable. Les données manquent chez l’insuffisant rénal ou hépatique, l’enfant et la personne âgée.
Une analyse de pharmacocinétique de population portant sur 38 patients et volontaires sains traités 14 jours à 1 ou 2 mg (González-Sales et al., Clin Pharmacokinet 2015) décrit un modèle à un compartiment, avec une clairance apparente d’environ 1 060 L/h et un volume apparent d’environ 200 L : des valeurs très élevées, cohérentes avec une faible fraction absorbée.
05 Une demi-vie courte, un effet qui dure
Onze minutes de demi-vie pour une injection quotidienne : le paradoxe n’est qu’apparent. La tesamoreline ne remplace pas une hormone circulante, elle déclenche une cascade. Une fois l’hypophyse stimulée, l’IGF-1, produite surtout par le foie, s’élève pendant des heures, et c’est elle qui relaie la plupart des effets mesurés. Dans les essais, l’IGF-1 augmente dès les premières semaines et revient vers sa valeur initiale à l’arrêt, tout comme la graisse viscérale se reconstitue.
06 Repères pour la recherche préclinique
En toxicologie, les rats ont reçu jusqu’à 0,6 mg/kg par jour, dose citée par la notice comme proche de l’exposition clinique. Pour les protocoles in vitro, les équipes raisonnent plutôt en concentration molaire : avec une masse moléculaire de 5 135,9 Da, 1 mg de tesamoreline correspond à environ 195 nanomoles. Le calculateur de reconstitution de ce site convertit masse et volume en concentration.
La formulation des produits de recherche n’est pas celle d’Egrifta : poudre lyophilisée sans excipients pharmaceutiques déclarés, en flacons de 2, 5, 10 et 20 mg et leurs rapports d’analyse. Les tailles disponibles et leur coût sont détaillés sur la page prix de la tesamoreline.